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Environ un milliard d’individus dans le monde n’ont pas reçu d’éducation ou ont quitté l’école dans les quatre premières années de leur scolarité. Presque les deux-tiers sont des femmes et des filles (Unterhalter, 2009). Même si le nombre d’enfants qui ne sont jamais allés à l’école décroît, on estime que 77 millions d’enfants, dont 55% de filles, ne reçoivent toujours pas d’éducation de quelle forme que ce soit (UNESCO, 2008, 61). Ces enfants viennent à une écrasante majorité des communautés les plus pauvres de chaque pays et des pays ayant une longue histoire chargée de guerres. Dans de nombreux pays, les enfants s’inscrivent à l’école mais soit ne sont pas à même d’y aller régulièrement, soit s’arrêtent à la fin du primaire – ne pensons même pas au secondaire – soit enfin n’y apprennent pas grand-chose d’utile.
Les femmes représentent les deux tiers des 776 millions d’adultes, de 15 ans et plus, que l’on estime ne pas avoir reçu d’éducation (UNESCO, 2009, 274). L’échelle de cette injustice et les inégalités qui en découlent ont donné lieu à de nombreuses actions en partenariat d’organisations nationales et internationales. L’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles (UNGEI) est l’un de ces partenariats, créée en 2000 pour conduire ce processus. A l’aube d’une nouvelle décennie, quels progrès avons-nous faits ?
La vision de l’UNGEI inclut travailler « à l’amélioration de la qualité et de l’existence d’opportunités en éducation pour les filles en appui aux objectifs de l’Education pour tous relatifs au genre, à l’Objectif du Millénaire 2 (OMD) sur l’accès universel à l’éducation primaire, et à l’OMD 3 sur la promotion de l’égalité entre les sexes et l’autonomisation de la femme » (UNGEI, 2008). L’UNGEI « se consacre à l’accélération de l’action relative à l’éducation des filles et à la redynamisation de la mobilisation et de l’action politique à haut niveau nécessaires pour que toutes les filles, et tous les garçons, reçoivent une éducation de qualité » (ibid).
Certains aspects de ces aspirations ont été réalisés au cours des dix dernières années grâce à l’émergence de nouvelles opportunités de scolarisation et de finalisation du cycle primaire pour davantage de filles dans le monde. Pendant les dix années à venir, nous allons faire face à des défis nombreux et complexes quant à la réalisation de la vision partagée qu’est l’égalité entre les sexes à l’école pour des résultats équitables pour les filles et les femmes. Comment peut-on s’appuyer sur l’expérience des pays qui ont réussi à améliorer l’égalité dans le secteur de l’éducation ? Quels types de partenariats peuvent aider les pays qui font face à de sérieux obstacles ? Comment peut-on capitaliser sur les avancées faites à ce jour pour que scolarisation signifie éducation de qualité pour les filles et les garçons et travail continu en appui à l’égalité entre les sexes ? En soutenant les partenariats transformatifs de cette décennie, nous devons comprendre quelles ont été les difficultés de la décennie précédente et quels éléments furent négligés.
Les défis clé sont aujourd’hui de confronter et de dépasser certaines hiérarchies de pouvoir liées au genre, de dépasser le manque de connexions entre différents niveaux et différentes formes de formulations et de pratiques politiques, et d’établir et de soutenir des multitudes de processus participatifs visant à dénoncer les iniquités criantes. Les implications vont bien au-delà de l’inscription du nom des filles sur un registre scolaire ou de leur présence en classe. Embrasser la cause de l’éducation implique que l’on pense à l’égalité entre les sexes à la fois dans l’enceinte de l’école, mais aussi dans ses relations complexes avec la pauvreté, la maladie, les moyens de subsistance fragiles et le manque de participation adéquate. Donner corps à l’égalité entre les sexes signifie aussi s’attaquer à la violence contre les filles et les femmes, un facteur clé dans la perpétuation de la non scolarisation et de la non réalisation des aspirations éducatives des filles. Tous ces défis requièrent une compréhension précise de processus qui sont souvent survolés ou considérés comme acquis.
En explorant ces questions en détail, la présente analyse de la situation pour la conférence de l’UNGEI E4 passe en revue ce qui a été réalisé lors de la décennie passée et fait la lumière sur la façon dont l’inadéquate attention prêtée aux inégalités de pouvoir, et aux barrières à la participation, s’est reflétée sur les partenariats importants établis pendant la période qui ne pourront pas atteindre leur plein potentiel sans davantage d’analyse et d’actions supplémentaires.

Téléchargez le rapport intégral Analyse de la situation en français / anglais.

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