Transformation des systèmes éducatifs pour corriger les disparités liées au genre du système scolaire du Nord du Nigeria
| Auteurs | Type | Catégorie | Article Complet |
|---|---|---|---|
| Alice Bonareri Akunga, Ian Attfield | Appel Ouvert | Pauvreté |
Le Nigeria est un vaste pays complexe, essentiellement composite, dominé par trois grands groupes ethniques (Haoussa, Igbo et Yoruba). L’Islam prédomine au Nord, le Christianisme et l’Animisme au Sud. L’économie du pays repose essentiellement sur les revenus pétroliers. Même si la législation fédérale prône l’inclusion sociale et l’égalité entre les sexes$$, ces lois sont à peine appliquées, avec la prédominance de normes informelles exclusivistes comme la préférence ethnique, la discrimination fondée sur l’indignité, le genre, le handicap et l’âge.
But de la recherche
Comme préalable à tout développement durable, il est d’une importance capitale de garantir à chaque enfant l’accès à l’éducation et une participation active lui permettant d’exceller et d’explorer ses potentialités. Or, il ressort des expériences passées du Nigeria, qu’une multitude de facteurs ont fait obstacle à l’accessibilité de la fille, la privant de ce fait de chances de s’inscrire et d’aller à l’école. Pour corriger les disparités du système éducatif liées au genre, un ensemble d’interventions a été expérimenté et testé ; lorsque les résultats sont concluants, des efforts sont faits pour les généraliser et les intégrer aux systèmes administratifs viables.
Participants ou stratégie d’échantillonnage
Depuis 2005, un partenariat entre l’État nigérian, DFID (RU) et l’UNICEF dans le cadre du Projet d’éducation des filles (PEF) est en cours dans les États du Nord du Nigeria, qui se caractérisent par les plus profondes disparités entre garçons et filles termes d’inscription à l’école primaire. D’après les statistiques, les zones nord-ouest et nord-est du pays se caractérisent par des taux de scolarisation très faibles et une importante disparité entre les sexes au détriment des filles. Le PEF s’attelle à promouvoir des changements sociaux et économiques au sein de ces sociétés traditionnelles en majorité pauvres, historiquement marquées par la discrimination à l’égard des filles et des femmes.
Au nombre des interventions stratégiques clés pour corriger la disparité entre les sexes, l’amélioration de l’offre d’une éducation de qualité (dotation en livres et autres outils scolaires indispensables, eau et assainissement, etc.) à travers l’élaboration de plans globaux, correctement chiffrés et sensibles au genre pour le secteur de l’enseignement public, qui prévoient suffisamment d’interventions tenant compte du genre.
Au départ, six États du Nord ont été choisis pour le projet et, dans chaque État, un sous-ensemble de 36 subdivisions administratives locales (districts) et 720 écoles primaires ont été ciblés avec une série d’interventions. Ce chiffre représentait moins de 10 % du nombre total d’écoles. En 2008, la deuxième phase du PEF a ramené à quatre le nombre d’États cibles tout en généralisant un ensemble restreint d’activités en utilisant les financements de l’État et des bailleurs de fonds pour promouvoir la généralisation des approches à l’étude.
Méthodologie
En vue de l’évaluation de l’impact et des résultats des initiatives du PEF, un effort considérable a été consenti pour améliorer les systèmes de données publics (en particulier le Système de gestion de l’information pour l’éducation) dans le but de suivre les taux et les modes de scolarisation et de fréquentation en s’intéressant en particulier aux disparités liées au genre. En outre, une évaluation aléatoire de l’apprentissage des élèves du primaire a été menée auprès des populations témoin et cibles.
Les autres résultats contenus dans cet article émanent d’une série d’entretiens avec les parties prenantes et des discussions des groupes de réflexion organisés dans le cadre d’une étude d’évaluation, mais aussi des conclusions des missions d’évaluation et des rapports de projets. Par ailleurs, une organisation de la société civile a organisé un échantillon de visites périodiques d’inspection impromptue des écoles cibles du PEF pour identifier et vérifier sur le terrain l’impact des différentes interventions du projet et recueillir les réactions des populations.
Limites
Les systèmes de données quantitatives du Nigeria se caractérisent par un manque notoire de fiabilité, avec notamment des lacunes et autres altérations introduites parfois pour obtenir des fonds publics. Pour cette raison, il a été difficile de présenter une série chronologique de données sur la scolarisation des filles ; pendant de longues années, le Nigeria a publié peu de données EMIS, et les données de l’échantillon de ménages$$ ne se prêtent pas à la comparaison de statistiques sur petits domaines. En général, l’on présente des résultats qualitatifs que l’on juge applicables aux autres États majoritairement islamiques du Nord du Nigeria. Les approches positives auront certainement une importance régionale plus large, si l’on tient compte du contexte local, notamment en termes de distinctions culturelles et urbain :rural
Les résultats de l’évaluation de l’apprentissage des élèves susmentionnés ont généralement montré des niveaux d’apprentissage faibles, sans être concluants en termes d’impact, et ne figurent pas dans cet article.
Résultats de la recherche
Le PEF a évolué au fil du temps vers la promotion d’interventions plus efficaces comme le plaidoyer auprès des autorités traditionnelles, la formation des enseignantes et les modalités de soutien communautaire. Il cherche également à intégrer les progrès réalisés aux les systèmes éducatifs publics. Une composante nationale du programme prône l’extension des bonnes pratiques et de la politique d’éducation fondée sur le genre aux autres États. Par le biais de ces modalités (communication par voie de presse et plaidoyer sur la politique nationale), les interventions concluantes en termes d’éducation des filles bénéficient d’un soutien accru dans le Nord du Nigeria.
Le programme de bourses pour les élèves enseignantes issues de zones rurales dont le personnel enseignant présente un énorme déséquilibre entre les sexes a été jugé utile. L’impact sur l’éducation des filles en particulier, lorsque les écoles rurales commenceront à recevoir un flux régulier d’enseignantes qualifiées locales, sera énorme pour des centaines de milliers d’écoliers. L’introduction du financement décentralisé des écoles (subventions) à travers les comités école-communauté constitue également une modalité utile pour relever la qualité de l’enseignement et promouvoir l’inclusion féminine.
Avec ses 32 États, le Nigeria offre un énorme potentiel pour une reproduction à grande échelle de ces initiatives.